Oui je t’écris cette petite lettre, petite merde.
Tu crois tout savoir, tu crois que lâcher des phrases de merde du style “Ha oui, une dépression c’est dur” t’absout de toute ta bêtise, tout ton égoïsme ?
Bein non, comme le disait mon grand père, et pas que le mien d’ailleurs, le respect ca se mérite. Alors je te dis pas que je suis un être irréprochable. La souffrance à cela d’emmerdant qu’elle fait chier celui qui la ressent, mais aussi celui qui la côtoie. Mais tout de même…
Vos petits regards défiants quand j’arrive à braver la maladie pour venir bosser, vos petits rires entendus, vos petites remarques de merde, vos petites carrières, qui semblent si précieuses… mais tout ça, chers collègues, j’aimerais dire que je m’en fous, que ca me passe au dessus… mais non, je le prends en pleine gueule et je souffre.
Je souffre de pas être à la hauteur de ce que je voudrais être, je souffre de mettre les autres dans la merde… (oui passke vu ce que vous êtes efficace, il me suffit d’une demi journée pour rattraper votre semaine de travail), et je souffre de souffrir.
Mais vous aimez en rajouter, vous aimez faire sentir votre supériorité de citoyens bien intégrés au monde du travail.
Aujourd’hui je ne suis pas là, j’ai préféré être malade que venir supporter votre petit monde formaté, votre entreprise digestive qui finira bien par vous lâcher aussi dans un grand concert de pet et de chiasse.
Vous n’êtes personne pour eux, je ne suis personne pour vous, en tout cas plus personne. Mais vous aimez à penser que vous êtes indispensable au boulot, au moins ca de pris. Moi je ne le suis pas, ce que je fais, un gamin de 8 ans pourrait le faire… Alors laissez moi souffrir tranquille, laissez moi réfléchir aux erreurs que j’ai faites professionnellement pour me retrouver dans cette usine à démotiver.
Je voudrais trouver un emploi et non un travail, je voudrais me sentir utile à autre chose qu’au porte monnaie de notre actionnaire.
En attendant… je souffre et surtout… je vous emmerde.

